PORTRAIT

« Je suis persuadé que l’accordéon, par l’empreinte populaire qu’il véhicule, peut être un vecteur d’ouverture à la musique classique et un catalyseur de renouveau de la création contemporaine. »


PRÉAMBULE

Inventé par un Autrichien, fabriqué en Italie, transformé en Russie, très joué en Amérique Latine et symbole des Années folles en France, l’accordéon est un grand voyageur qui fait preuve de belles capacités d’adaptation. Et ça n’est pas fini, car Félicien Brut souhaite réconcilier la place encore marginale qu’il occupe aujourd’hui dans le milieu de la musique classique et sa forte empreinte populaire.

Brahms, Bartók ou Dvořák puisaient déjà aux sources des musiques traditionnelles : dans cet esprit, l’accordéoniste trentenaire ouvre à son instrument un chemin de traverse où affirmer son image et élargir son répertoire.

« Que cet instrument soit populaire est une chance, il ne faut pas la renier. »


FÉLICIEN BRUT, UN PARCOURS ATYPIQUE

Cet Auvergnat d’origine fait voler l’accordéon en éclats. Grandissant au milieu du Massif du Sancy, Félicien découvre très jeune l’instrument et cette musique populaire qui l’a si longtemps caractérisé : le musette. Suivant une solide formation au CNIMA Jacques Mornet, il anime de nombreux bals des années durant. En 2009, il va poursuivre ses études au Pôle Supérieur de Bordeaux-Aquitaine car, entre-temps, il s’est pris de passion, aussi, pour la musique classique.

Très vite, il constate une fracture entre les musiciens de bal musette d’un côté, les accordéonistes classiques et les enseignants de conservatoire de l’autre. Spécialisé dans le domaine classique, récompensé par plusieurs prix internationaux, il fonde le Trio Astoria, formation dédiée au Nuevo Tango d’Astor Piazzolla et sort, en 2016, son premier album Soledad del Escualo. C’est alors que l’idée d’un pari fou s’immisce dans son esprit : constituer son propre programme de musique classique en y associant le répertoire musette, style lui tenant particulièrement à cœur.


RENCONTRES DÉTERMINANTES ET HEUREUSES INITIATIVES

Créé en août 2017, Le Pari des Bretelles rencontre immédiatement un succès incroyable. Entouré du Quatuor Hermès et du contrebassiste Edouard Macarez, Félicien Brut enchaîne les concerts et enregistre un premier disque avec cette formation qui sortira en janvier 2019, lors de la Folle Journée de Nantes, sous le label Mirare.

Félicien poursuit sa démarche en créant un collectif pour mener des projets audacieux, entouré de solistes renommés : Edouard Macarez (contrebasse), Renaud Guy-Rousseau (clarinette), Julien Martineau (mandoline), Romain Leleu (trompette) et Thomas Leleu (tuba).

Pour Félicien Brut, chaque projet devient une occasion de stimuler l’émergence de créations contemporaines, d’où sa relation de travail très forte avec le compositeur Thibault Perrine. Après avoir réalisé la création de sa Suite Musette pour accordéon et quintette à cordes en 2017, celle de son Caprice d’Accordéoniste pour accordéon et orchestre en 2018, Félicien donne a entendre pour la première fois, en avril 2019, aux côtés de l’Orchestre de Cannes et de son directeur musical Benjamin Lévy, son dernier opus : Souvenirs de Bal, un concerto pour accordéon et orchestre.

De la musique populaire à la musique savante, de l’improvisation aux œuvres écrites, de pièces originales aux transcriptions les plus inattendues, Félicien Brut n’a de cesse de défendre le caractère métissé et polymorphe de l’accordéon. Il s’impose indéniablement comme le représentant de son instrument dans la nouvelle génération de musiciens classiques.

Parallèlement à sa carrière artistique, Félicien est un pédagogue engagé dans la découverte de son instrument auprès des jeunes générations. Diplômé d’État du Pôle Supérieur de Bordeaux – Aquitaine, titulaire d’une Licence de Musicologie, il a enseigné de nombreuses années l’accordéon au sein du CRC de Libourne puis du CRD de Châteauroux et continue, aujourd’hui, à intervenir ponctuellement lors de master-classes.