Suite Musette (pour accordéon et quintette à cordes)

Il est dans la vie des rencontres décisives – de celles qui vous aident à franchir un cap, vous modifient profondément, rendant impossible tout retour en arrière…

Lorsque Félicien Brut m’a appelé pour me proposer de lui écrire une suite pour accordéon et quintette à cordes en m’inspirant de thèmes célèbres du répertoire musette, j’ai tout de suite compris que, loin d’être une entrave, cette contrainte allait se révéler un moteur puissant, agir comme un catalyseur, me permettre de réaliser enfin ce désir de composition enfoui depuis si longtemps sous des montagnes de prétextes…

Car à une époque où toutes les musiques coexistent, où les plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire sont accessibles d’un simple clic, où la création contemporaine est dans une quête perpétuelle de nouveauté, cette idée toute simple de remettre à l’honneur notre musette national en y puisant le matériau d’une œuvre nouvelle, renouant ainsi avec cette tradition par laquelle la musique dite savante s’est si souvent nourrie du répertoire populaire – quoi de plus stimulant ?

Bien sûr, ce projet n’était pas sans présenter certaines difficultés. Il a d’abord fallu collecter toutes les autorisations liées aux thèmes empruntés (ce qui n’aurait pas été possible sans la bienveillante complicité des éditions Beuscher-Arpège) ; puis j’ai dû me pencher très sérieusement sur cet instrument si particulier qu’est l’accordéon, tenter d’en percer les mystères ; enfin, l’écriture à proprement parler…

De cette rencontre est née ma Suite Musette.

Comme un pari sur l’avenir.


Suite Musette est une pièce pour accordéon et quintette à cordes d’une durée de 20 minutes environ, composée spécifiquement pour Le Pari des Bretelles. Construite sous la forme d’une suite en cinq mouvements (Ouverture, Intermède, Elégie, Humoresque, Finale), elle se veut un hommage à ce répertoire populaire né au siècle dernier, par l’emprunt de rythmes de danse typiques du musette (paso doble, valse, tango, cha-cha-cha, fox-trot, polka…) et l’utilisation de mélodies célèbres, toujours reconnaissables quoique retravaillées tant sur le plan du rythme que sur celui de l’harmonie ou du contrepoint.